Systèmes de conduite automatisés : une question de confiance !

Par Valérie DEQUEN

Déléguée Générale chez AFT Transport Logistique

 

Des systèmes de conduite automatisés se mettent en place en France grâce à un cadre légal, ce qui entraîne l’apparition de véhicules destinés à remplacer en partie le conducteur. Face à de tels progrès, comment les individus vont-ils accueillir ces nouvelles technologies ? Comment construiront-ils leur confiance pour s’adapter à la conduite automatisée ?

Afin de répondre à ces questions, nous avons tenté d’analyser la thèse de Jean-Baptiste Manchon intitulée « Construction et évolution de la confiance pendant la conduite automatisée » dans le cadre du Lab Transport.

 

Une confiance nécessaire à l’interaction homme/machine

La conduite automatisée, et plus particulièrement lorsque le conducteur et le système de conduite contrôlent ensemble le véhicule, nécessite une véritable confiance. D’une part, une confiance initiale basée sur les connaissances du système avant même son utilisation, et d’autre part, une confiance dynamique qui évolue en fonction de l’interaction avec la machine (ses performances et ses fonctionnalités).

 

La confiance a priori

Cependant, cette confiance n’est pas forcément fiable, elle peut être influencée par des a priori ou des informations erronées. Si une aide automatisée se révèle fiable dans un grand nombre de situations, le conducteur peut avoir un excès de confiance dans celle-ci. À l’inverse, un manque de confiance peut entraîner des conséquences sur l’exploitation de l’automatisation.

Une enquête menée par J. B. Manchon a montré que certains éléments liés à la confiance dispositionnelle (l’âge, la personnalité et le niveau de diplôme) et à la confiance apprise initiale (la tendance à déléguer des tâches) avaient un fort pouvoir de prédiction de cette confiance a priori. Les conducteurs plus âgés voient l’automatisation comme une solution face à la diminution possible de leurs compétences de conduite, tandis que ceux qui se sentent en contrôle pendant la conduite manuelle montrent un niveau inférieur de confiance face à la conduite automatisée.

 

La confiance à l’épreuve de l’expérience

Une expérimentation a ensuite été réalisée par J. B. Manchon sur un simulateur de conduite statique pour comprendre l’évolution de la confiance. Un groupe de conducteurs « confiants » et un groupe de conducteurs « méfiants » ont utilisé le système de conduite automatisée. Deux événements (un véhicule de chantier arrêté sur la voie de droite et un poids lourd lent à dépasser) sont survenus : les conducteurs méfiants passent 43,4% de leur temps à surveiller la route, contre seulement 28,3% des conducteurs confiants.

La confiance initiale des conducteurs dans la conduite automatisée semble donc jouer un grand rôle dans leur acceptation de ces technologies et dans la façon dont leur confiance va évoluer lors des premières utilisations.

Parce que les systèmes de conduite automatisée ne sont actuellement pas entièrement mis en œuvre, les attentes des individus en amont de leur utilisation sont déterminantes pour que cette confiance se développe. Tout ce qui peut contribuer à une meilleure connaissance de ces dispositifs est donc susceptible d’avoir une influence majeure sur le niveau de confiance.

 

D’autres études seront nécessaires pour mieux comprendre comment la confiance évolue sur de plus longues périodes, avec différents systèmes de conduite automatisée et dans d’autres conditions d’utilisation.

 

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